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Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
14-04-2007  Article de presse  par Jean-Francois Berger
Terrible Somalie…
Cet article a paru dans la Tribune de Genève du 14 avril 2007

La Somalie, ça vous rappelle quelque chose? Pour le plus grand nombre, la Somalie est cette bande de terre aride à l’entrée de la Mer Rouge d’où proviennent par à-coups des mauvaises nouvelles: guerre, famine, Etat en faillite, luttes de clans, pillages, sécheresse, inondations… Une plaie qui ne cicatrise pas. Un trou sur la carte. Un cimetière oublié.

Depuis seize ans, le chaos domine le centre et le sud de ce petit pays de 9 millions d’habitants, le Puntland et le Somaliland au nord restant à l’écart du conflit. Alors que la Somalie sombrait dans la guerre civile au début des années 90, le CICR a lancé une opération de secours titanesque, l’une des plus lourdes de son histoire. Objectif: nourrir pendant de longs mois un million et demi de Somaliens en danger de mort. Mais pour livrer cette aide substantielle via 1500 sites de distribution, il a fallu faire appel — une fois n’est pas coutume — à des milices armées chargées de protéger l’acheminement des secours tant les risques étaient énormes. Lorsque le secouriste doit être protégé, l’humanitaire est proche de la faillite.

Et pourtant ne rien faire eût été pire… En décembre 1992, les «marines» américains ont débarqué sous les auspices de l’ONU pour imposer la paix par la force et mener de fait la première intervention militaro-humanitaire post-guerre froide qui se solda par un échec, suivi de l’évacuation des contingents étrangers en 1995 et du retour en force des seigneurs de la guerre.

Pour le CICR, agir dans un contexte de haute insécurité où les étrangers étaient des cibles privilégiées relevait de la mission impossible. Après diverses menaces, attaques et enlèvements de plusieurs délégués, il décida de changer sa manière d’opérer. Dès le milieu des années 90, il a fonctionné selon un mode alternatif intitulé le contrôle opérationnel à distance. En bref, il s’agit de mener des actions humanitaires avec un réseau étoffé d’employés somaliens expérimentés et un minimum d’expatriés étrangers. Pour limiter les risques, ces expatriés ne viennent en Somalie que pour de courtes durées et sont basés à Nairobi d’où ils supervisent l’action menée au quotidien par les employés somaliens. Etre imprévisible et invisible, telle est le mot d’ordre. Afin d’éviter les dérapages, ce système nécessite une concertation serrée entre les expatriés, les employés Somaliens et les différents clans ainsi qu’avec un partenaire de choc, le Croissant-Rouge somalien, qui constitue l’unique entité nationale en état de marche dans ce pays exsangue. A l’épreuve du temps, cette approche a permis de garantir la pérennité de la mission humanitaire et de venir en aide à toutes les victimes somaliennes, quelle que soit leur appartenance clanique.

Aujourd’hui, la Somalie vit des heures cruciales. Depuis février, les combats ont repris entre les forces gouvernementales et divers groupes insurgés, tandis que le corps expéditionnaire de maintien de la paix dépêché par l’Union africaine peine à se déployer dans un contexte explosif qui broie une majorité de civils.

Sur ce terrain miné, le CICR concentre ses efforts sur le soin aux blessés, l’aide aux communautés déplacées par le conflit, l’accès aux prisonniers et continue à soutenir les victimes de la sécheresse et des récentes inondations. Cependant, il ne faut pas négliger le risque d’une instrumentalisation de l’humanitaire par le camp gouvernemental, qui pourrait inciter les sympathisants des Cours islamiques et les nationalistes de tout poil à assimiler l’humanitaire à un supplétif du camp occidental. C’est pourquoi il est capital pour la «Maison Dunant» de garder la confiance des parties et de préserver sa capacité d’action neutre et indépendante, en s’appuyant sur son savoir-faire local fécondé par la réalité somalienne. Une réalité à laquelle fait écho le constat de Mohammed Sahnoun, ancien représentant spécial de l’ONU en Somalie, selon lequel «aucune aide extérieure ne peut être efficace sans une compréhension du processus traditionnel de consultation et de décision. »




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14-04-2007