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14-12-2007  Interview  
Le CICR en Afghanistan : visites aux détenus
Il est bien connu que le CICR visite des détenus dans le monde entier. Mais à qui exactement communique-t-il ses observations ? Entretien avec Pierre Kraehenbuehl sur les visites du CICR aux personnes détenues en Afghanistan

Où exactement le CICR visite-t-il des détenus en Afghanistan ? A-t-il accès à tous les lieux de détention ?

©ICRC/M. Kokic/af-e-00914
Kandahar, prison centrale
En Afghanistan, le CICR visite régulièrement plus de 80 lieux de détention afghans, y compris les centres de la Direction de la sécurité nationale. Des problèmes de sécurité empêchent parfois ses délégués de visiter les lieux de détention qui sont situés dans des régions reculées.

Le CICR visite aussi les détenus de la base militaire américaine de Bagram (Centre d'internement temporaire) depuis janvier 2002, ainsi que les personnes détenues par la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN (OTAN-ISAF) en Afghanistan.

Il a pour priorité de visiter les personnes privées de liberté pour des raisons liées au conflit armé qui continue à sévir dans ce pays.

Cependant, les lieux de détention et les détenus ne sont pas tous notifiés au CICR. L'organisation ne peut donc pas confirmer avoir accès à toutes les personnes détenues en Afghanistan.

Le CICR visite-t-il tous les détenus remis par l'OTAN-ISAF aux autorités afghanes ? Fait-il part de ses observations à l'OTAN-ISAF ?

©ICRC/M. Kokic/af-e-00914
Kandahar, prison centrale. Un délégué du CICR visite les détenus de sécurité dans dans la section juvénile.
Là où le CICR a accès, il accorde la même attention à tous les détenus, qu'ils aient été remis par la force internationale au système carcéral afghan ou qu'ils aient été détenus par les autorités afghanes dès le début. Lorsqu'il est informé du transfert d'un détenu des mains de l'OTAN-ISAF au système de détention afghan, il suivra cette personne lors de ses visites régulières aux lieux de détention.

Dans les lieux de détention que le CICR visite, il fait part aux autorités détentrices, dans le cadre de contacts confidentiels, de ses observations et de ses éventuelles préoccupations au sujet de la situation des détenus, afin d'obtenir que les normes minimales applicables soient respectées.

En ce qui concerne les centres gérés par les autorités afghanes, le CICR communique ses observations exclusivement à ces autorités afin d'obtenir des améliorations des conditions de détention et du traitement réservé aux détenus. Il ne fait part de ses constatations à aucune autre partie et ne les rend pas publiques.

De même, les observations concernant les détenus aux mains de l'un des pays de l'OTAN-ISAF sont communiquées exclusivement aux autorités détentrices de ce pays.

Quelles sont les procédures standard appliquées pour obtenir des informations sur la détention ?

En 2006 le CICR a visité, dans 70 pays, 2 600 prisons et centres de détention dans lesquels étaient incarcérées près d'un demi-million de personnes. Ces visites ont pour but d'obtenir que les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus soient améliorés si nécessaire, et d'aider à rétablir et à maintenir les liens entre les détenus et leurs familles. Le CICR fait ceci à titre purement humanitaire et neutre.

Les constatations du CICR sont essentiellement fondées sur des observations directes faites au cours des visites des délégués aux lieux de détention, sur des entretiens seul à seul avec les détenus, et sur des contacts réguliers avec les autorités détentrices. Le CICR fait part de ses observations aux autorités, dont il attend qu'elles fassent le nécessaire pour régler les éventuels problèmes aussi rapidement que possible.



Pourquoi le CICR ne s'exprime-t-il pas publiquement sur les conditions de détention qu'il constate en Afghanistan ou ailleurs ?

Le fait que le CICR ne rende pas ses observations publiques ne signifie pas qu'il soit satisfait des conditions prévalant dans tel ou tel lieu de détention. De même, le fait qu'il visite un lieu de détention et y ait régulièrement accès ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'inquiétude à avoir au sujet des conditions de détention et du traitement qui y sont appliqués. Toutefois, il ne fait part de ses préoccupations qu'aux autorités détentrices, dans le cadre d'un dialogue confidentiel engagé exclusivement avec elles.

Partout où le CICR visite des lieux de détention, ses constatations et observations sur les conditions de détention et le traitement réservé aux détenus sont discutées directement et confidentiellement avec les autorités compétentes.

La confidentialité est un outil de travail important pour le CICR s'il veut préserver la nature exclusivement humanitaire et neutre de son action. Le but visé est que l'organisation obtienne et – ce qui est important – conserve l'accès aux personnes qui, à travers le monde, sont détenues dans le cadre de situations très sensibles de conflit armé ou d'autres situations de violence. Travailler loin des feux de l'attention des médias permet souvent au CICR et aux autorités détentrices de parvenir plus facilement à des progrès concrets dans les lieux de détention.

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14-12-2007