18-02-2008 Interview Afghanistan : la situation humanitaire se détériore au fur et à mesure que le conflit s’étend Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est profondément inquiet de la détérioration de la situation humanitaire en Afghanistan. Tandis que les affrontements armés s’étendent et que l’insécurité croît, toujours davantage de personnes sont obligées de quitter leur foyer. Il devient aussi de plus en plus difficile pour le CICR d’accéder aux personnes déplacées dans tout le pays. En outre, les températures extrêmement basses et les tempêtes de neige qui se sont abattues sur plusieurs régions ont fait des centaines de morts.Interview avec Franz Rauchenstein, chef adjoint de la délégation du CICR en Afghanistan.
© CICR
Franz Rauchenstein, chef adjoint de la délégation du CICR en Afghanistan.
Comment le CICR interprète-t-il la situation humanitaire qui prévaut en Afghanistan ? © CICR / M. Kokic / v-p-af-e-01201
Kandahar, unité pédiatrique de l’hôpital Mirwais.
Les personnes qui restent voient leur liberté de mouvement restreinte, ce qui fait qu’aller au marché ou faire du commerce devient difficile. Dans ces conditions, il est également compliqué de transporter les blessés et les malades à partir de zones isolées vers des centres de soin ou des hôpitaux spécialisés. © CICR / M. Kokic / v-p-af-e-00918
Kandahar, prison centrale. Un délégué du CICR s’entretient avec un détenu de sécurité dans la section réservée aux mineurs.
L’intensification du conflit a entraîné une augmentation brutale du nombre de personnes privées de liberté. Le nombre des prisonniers et des détenus a en effet plus que doublé ces deux dernières années, passant d’environ 5 000 à 13 000. Ils sont internés dans des prisons et des centres de détention conçus pour en loger quatre fois moins. Le CICR visite les personnes privées de liberté en raison du conflit afin de se rendre compte de leurs conditions de détention et du traitement qui leur est réservé. Comme nous ne pouvons pas accéder à toutes les régions du pays, il nous est impossible de visiter tous les lieux de détention. Nous savons toutefois que beaucoup sont surpeuplés. Le CICR visite également les détenus aux mains de la Force internationale d'assistance à la sécurité ou de la coalition menée par les États-Unis, notamment au centre de détention provisoire de la base aérienne américaine de Bagram. Le CICR entretient un dialogue bilatéral et confidentiel avec les autorités détentrices, auxquelles il fait part de ses observations relatives aux conditions de détention, au traitement réservé aux détenus et au respect des garanties judiciaires fondamentales. Lorsque cela s’avère nécessaire, il apporte également son soutien aux autorités pénitentiaires afghanes pour la construction ou la réparation des installations sanitaires dans les lieux de détention. |