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27-08-2007  Interview  
Afghanistan : le CICR renforce son soutien à l’hôpital Mirwais de Kandahar
Le chef de la délégation du CICR en Afghanistan, Reto Stocker, parle de l’aide que le CICR fournit actuellement au service de chirurgie de l’hôpital Mirwais de Kandahar, et il explique pourquoi l’organisation est passée à la vitesse supérieure et en fait désormais bénéficier tout l’hôpital.

Quelle est l’histoire du partenariat entre le CICR et l’hôpital Mirwais ?

Lorsque le CICR est arrivé à Kandahar en 1996, son principal souci était de commencer à rendre visite à des prisonniers détenus pour des motifs liés à la sécurité et d'apporter son concours à l’hôpital Mirwais en mettant tout particulièrement l’accent sur les services chirurgicaux destinés aux blessés de guerre. Peu après son arrivée, il a réorganisé le service de chirurgie en y affectant deux équipes d’expatriés. Il a mis sur pied une banque du sang, un service de radiologie, une blanchisserie, tout en mettant à sa disposition des équipements et fournitures médicaux et chirurgicaux. Le service de radiologie a été à nouveau remis à niveau, il y a deux ans. L’équipe d’expatriés a mis en oeuvre des programmes de formation à l’intention des confrères afghans au point que ses propres effectifs ont pu être allégés en 2001, bien qu’il reste sur place au moins un chirurgien expatrié afin d’assurer un suivi des progrès du personnel local et de l'aider à parfaire ses connaissances et ses compétences.


Comment la population locale a-t-elle bénéficié du soutien apporté par le CICR à l’hôpital ?

Les services chirurgicaux auxquels les blessés de guerre et les autres patients ont accès se sont sensiblement multipliés et améliorés au cours de la dernière décennie marquée par le soutien du CICR à l’hôpital. Pendant les six premiers mois de cette année seulement, les équipes chirurgicales ont réalisé plus de 2800 opérations, dont près de 2500 interventions d’urgence.

Naturellement, l’assistance fournie à l’hôpital Mirwais pendant onze ans n’a qu’en partie atténué les conséquences de décennies de conflits, d’une absence totale d’investissements et de savoir-faire en matière d’administration et de gestion, ainsi que de problèmes sociaux chroniques tel que le faible niveau d’instruction. Bien sûr, toutes ces difficultés liées au travail dans le Sud de l’Afghanistan sont d’ordre général. Néanmoins, le service de chirurgie de l’hôpital Mirwais constitue un exemple de l’évolution positive engendrée par la politique d'investissements à long terme et de soutien appliquée par le CICR. Les patients bénéficient désormais de soins chirurgicaux de base de bonne qualité dans un service dirigé par des Afghans.


À l’avenir, comment le CICR et l’hôpital Mirwais entendent-ils développer leurs relations ?

Le CICR et le ministère afghan de la Santé publique ont signé un accord qui établit que le CICR est le principal donateur et partenaire d’exécution du ministère pour ce qui est de l’hôpital Mirwais. Aux termes de cet accord, le CICR et le ministère sont conjointement responsables de l’élévation du niveau de qualité des services hospitaliers - tel qu’il est prévu dans les politiques de soins de santé, normalisées à l’échelon national, qui ont été mises au point par le CICR, le ministère de la Santé publique et un certain nombre d’autres intervenants en matière de santé.

Cela étant, l’hôpital Mirwais continue d'appartenir au ministère afghan de la Santé publique. L’accord n’empêche pas d’autres acteurs de s’impliquer dans le fonctionnement de l’hôpital, mais le CICR estime que l'amélioration des services hospitaliers et des soins dispensés aux patients ne sera optimisée qu'à la condition qu'un seul intervenant se charge de canaliser les efforts des uns et des autres. Une meilleure évaluation des besoins conduira à une utilisation plus rationnelle des ressources.


En quoi l’hôpital et ses patients bénéficient-ils d’ores et déjà des retombées de cet accord ?

Actuellement, le CICR a pour objectif de veiller à ce que l’hôpital dispose du matériel et du personnel médical d’encadrement qui lui permettent de répondre aux besoins des patients. Il a aussi pour objectif de perfectionner les compétences des cadres chargés de l’administration et de la gestion. Le CICR a donc fait venir un directeur de programmes expatrié, un spécialiste de l’administration hospitalière, une infirmière enseignante et il a créé un poste de spécialiste supplémentaire pourvu par roulement pendant des périodes de trois mois.

Une pharmacie centrale a été mise sur pied, des armoires à pharmacie ont été installées dans la plupart des services de l’hôpital, et le système de passation de commandes a été amélioré – d'ailleurs, le pharmacien expatrié retournera à l’hôpital d’ici à la fin de l’année afin d’apporter la dernière touche à la mise en place du système. Un spécialiste en gynécologie et obstétrique a récemment été affecté à l'hôpital afin d’évaluer le meilleur moyen d'accomplir des progrès dans un service particulièrement difficile. Les mesures visant à améliorer les compétences et les connaissances du personnel infirmier continueront d’être appliquées cette année et l’année prochaine.

Dans les mois à venir, le CICR remplacera le réservoir d’eau principal de l’hôpital car celui qui est actuellement en service est sur le point d’exploser. En outre, il a déjà commencé à mettre à la disposition de l'hôpital des articles à caractère non médical, tels que des petites fournitures, et il recherche actuellement des solutions pour améliorer le niveau de l’entretien général.


Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Le CICR a prévu d’étoffer, l’année prochaine, la présence de ses expatriés qui occupent actuellement les postes de directeur de projet, d’administrateur de l’hôpital, d’infirmière enseignante, de chirurgien, ainsi que de spécialiste par roulement. Ces effectifs recevront l’appoint d’un pharmacien à plein temps et d’un spécialiste en gynécologie et obstétrique. En outre, un gestionnaire des installations sera recruté localement pour superviser l’installation de matériel plus technique, à un moment où le personnel afghan devient de plus en plus compétent. À mesure que ce programme sera mis en œuvre, ses retombées positives sur les soins dispensés aux patients deviendront bien plus visibles.

© CICR
Un jeune patient dans l'aile de chirurgie.
© CICR
Un des blocs opératoires de l'hôpital.
© CICR
Une pharmacie.

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27-08-2007