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18-02-2008  Éclairage  
Tchad: dans l'attente de nouvelles de N'Djamena
Alors que les habitants de la capitale tchadienne N’Djamena commencent à raccommoder leurs vies, le CICR et la Croix-Rouge du Tchad s’efforcent de répondre aux besoins émotionnels des familles dispersées par la violence.

© CICR / I. Kaloga
Centre d'appel à N'Djamena ouvert par la Croix-Rouge du Tchad et le CICR.

« J’avais l’habitude de l'appeler tous les jours et là, plus de nouvelles depuis près d'une semaine. Elle était inquiète. Maintenant elle va pouvoir passer ses examens tranquille ».

Alhaji s'en va, heureux et soulagé. Il est comptable, sa fiancée Aïssatou étudie le droit à Lomé, au Togo. En raison de l'interruption des communications téléphoniques causée par les combats dans la capitale tchadienne, il était impossible pour de nombreux tchadiens de se donner des nouvelles, de rassurer les proches et les amis.

La diaspora tchadienne est très importante : autant de frères, de soeurs, de mères, de fiancé(e)s sans nouvelles de leurs proches restés au pays. « Mille mercis, que Dieu vous bénisse. Grâce à vous j'ai pu entendre la voix de mon frère! » ajoute Mahamat, très ému, qui vient de contacter son frère qui vit à Brazzaville, en République du Congo.

Mahamat et Alhaji font partie des dizaines de personnes présentes ce matin au centre d'appel ouvert par la Croix-Rouge du Tchad et le CICR. Dans ce centre, les personnes qui souhaitent communiquer avec leurs proches ont la possibilité de téléphoner à l'étranger pour échanger des nouvelles de nature strictement familiale.

« La plupart des gens appellent pour dire qu'ils vont bien, qu'ils sont encore à N'Djamena, que tout se passe bien, » explique Djiddo Djimet, un des membres de l'équipe de recherches du CICR.

« Cela rassure les proches, dont certains sont en France, en Libye, au Sénégal ou aux États-Unis. Ça n'a l'air de rien, mais les gens repartent légers d'avoir pu parler avec leur fille, ou leur père, et pour ceux que nous contactons, c'est la fin de nombreux jours d'angoisse dans l'attente de nouvelles. »

Le CICR met son savoir-faire en matière de recherche de personnes au service de la Croix-Rouge du Tchad, dont il soutient les efforts visant à rétablir les liens familiaux entre les membres de familles dispersées par le conflit.

Selon Sophie Barbey, coordinatrice protection du CICR à N'Djamena, il s'agit là d'une première étape, car ce service d'appel ne répond qu'à une partie des besoins. « Certaines personnes sont sans nouvelles de leurs proches, mais ceux-ci ne sont pas forcément joignables par téléphone. C'est la raison pour laquelle, dans les jours à venir, nous travaillerons avec nos collègues de la Croix-Rouge du Tchad pour faire bénéficier ceux qui en auraient besoin de notre expérience en matière de recherche de personnes. Nous espérons ainsi atténuer le sentiment d'angoisse qui doit certainement habiter tous ceux qui attendent encore des nouvelles d'un père, d'une mère ou d'un enfant », précise-t-elle.

À chaque appel passé à partir de ce centre, une personne, quelque part dans le monde, peut enfin être rassurée sur le sort de ses proches jusque-là inatteignables.

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18-02-2008