Situation générale
Au Tchad oriental, plus de 180 000 personnes sont toujours déplacées dans leur propre pays. Certaines regagnent leur foyer, essentiellement des personnes originaires du sud de l’Assoungha. Bien qu'il n’y ait pas eu d’opérations militaires depuis le mois de juin, l’anarchie, le banditisme et l'insécurité généralisée qui règnent dans la région ont non seulement rendu très difficile le retour des déplacés chez eux, mais ont également contribué à la dégradation des conditions de vie de la population civile dans son ensemble.
Dans l’attente de la saison des pluies, le CICR s’est efforcé de faire en sorte que les personnes les moins à même de satisfaire à leurs propres besoins en raison du conflit armé puissent survivre jusqu'aux prochaines récoltes. « Maintenant que la saison des pluies est terminée, les personnes vivant au Tchad oriental doivent pouvoir bénéficier de conditions de sécurité favorables pour être en mesure de faire les récoltes », a déclaré David de Wild, qui coordonne les activités de secours du CICR dans le pays.
Dans certaines régions du pays, la prolifération d’armes, l'absence de services de maintien de l’ordre et l’impunité ne font qu’ajouter à l’instabilité, perturbant par là même le travail des organisations humanitaires.
Le 26 juillet dernier, une déléguée du CICR a été blessée par des tirs d’arme à feu lors d’une tentative de vol du véhicule à bord duquel elle circulait à Abéché. Si elle est aujourd’hui hors de danger, c’est incident n’illustre que trop bien les difficultés auxquelles les civils vivant au Tchad oriental doivent faire face dans leur quête quotidienne de subsistance.
Dans le cadre du dialogue qu'il entretient avec les autorités tchadiennes, le CICR a insisté sur l’importance que des mesures concrètes soient prises pour permettre à la population de vivre en sécurité, et à l’aide humanitaire d’être acheminée.
Travailler à limiter l’impact du conflit armé et de la violence sur les civils
Afin d’améliorer les conditions de vie des détenus, le CICR a construit une fosse sceptique et rénové les installations sanitaires de la prison d’Abéché, l'un des 33 établissements pénitentiaires où les délégués du CICR visitent des détenus au Tchad.
Le CICR a poursuivi ses efforts pour retrouver 405 enfants séparés de leurs parents ou non accompagnés, et dont il est à craindre que certains soient tombés aux mains des forces armées ou de groupes armés. En outre, en dépit des difficultés toujours présentes, l'institution a continué inlassablement à traiter d’autres demandes de recherches émanant de civils souhaitant rétablir le contact avec des membres de leur famille.
Le CICR a poursuivi le dialogue qu’il maintient avec toutes les parties au conflit sur des questions d’ordre humanitaire, notamment la situation des civils, dans le but de veiller à un respect accru du droit international humanitaire et de limiter l’impact des combats sur la vie et la sécurité de ces derniers.
Améliorer l’accès à l’eau
Les efforts entrepris par le CICR pour améliorer l’accès à l’eau des personnes vivant dans les régions frontalières se sont poursuivis sans relâche. Les activités dans ce domaine sont menées en coopération avec les communautés locales, sur la base d’accords entre le CICR et le service tchadien des eaux.
« En raison du conflit armé et de l’isolement des régions concernées, les autorités publiques n’ont pu faire que très peu de chose. Les systèmes d’approvisionnement en eau n’ont pas du tout été entretenus ces derniers temps », a expliqué Ruth Merki, coordinatrice des activités « eau et habitat » du CICR au Tchad.
Pour garantir aux habitants un accès permanent à l’eau, le CICR a effectué des travaux de réhabilitation sur les réseaux hydrauliques des villes d’Adé, Adré et Iriba, veillant notamment à ce que ces systèmes puissent être entretenus facilement, avec un minimum de savoir-faire technique et de supervision. On estime qu'environ 57 000 personnes – déplacés internes et résidents locaux – en bénéficieront.
Le projet lancé par le CICR à Adé a été confié en juin à l’organisation non gouvernementale Solidarités, qui est depuis responsable d’en assurer la supervision et le suivi.
Avec l’aide de la population locale, le CICR a entrepris de construire deux nouveaux puits dans des zones rurales de l'Assoungha. Ils devraient être terminés d'ici la fin de l'année.
Améliorer les services de soins de santé
- Assistance aux blessés de guerre : le CICR continue d’apporter son soutien à l'hôpital de la Liberté de N’Djamena. Une équipe chirurgicale du CICR de quatre personnes est à l’œuvre dans cet établissement, auquel l'institution fournit aussi des médicaments et du matériel médical. En outre, l’équipe chirurgicale du CICR a été envoyée à cinq reprises à l’hôpital d’Abéché afin d’assurer le suivi chirurgical de 20 patients blessés par arme.
- Santé maternelle et infantile : le CICR a achevé une campagne de vaccination contre la rougeole dans des régions reculées du nord de l’Assoungha (Kawa). Entre juillet et septembre 2008, 1 149 enfants de 1 à 14 ans ont été immunisés contre cette maladie.
- Aider les blessés de guerre à marcher à nouveau : le CICR a continué de soutenir les deux centres de réadaptation physique que compte le Tchad. Au centre de N'Djamena, les patients reçoivent toujours gratuitement des appareils orthopédiques.
Faire connaître les règles qui protègent les civils
Le CICR veille à ce que les victimes des conflits armés et d’autres situations de violence reçoivent une assistance appropriée, en plus de la protection à laquelle ils ont droit conformément au droit international humanitaire. L’institution s’emploie pour ce faire à sensibiliser le public aux règles qui protègent les civils en temps de conflit armé, soutenant notamment les efforts visant à intégrer les règles de cette branche du droit dans la formation, la doctrine et les procédures opérationnelles des forces armées et de sécurité.
Durant la période considérée, le CICR a :
- organisé des séances d’information dans tout le pays à l’intention de plus de 240 membres des forces armées et de sécurité ;
- fourni un soutien didactique à l'enseignement du droit international humanitaire à l'École de formation des formateurs en DIH de l'armée et à l'Université d'Abéché ;
- participé à l’instruction de 120 nouveaux agents avant leur intégration dans les forces de police formées par la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT).