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18-07-2008  Interview  
Colombie : libération de personnes détenues par les FARC
La récente libération de 15 otages et personnes privées de liberté en Colombie et l'utilisation de l'emblème de la croix rouge durant cette opération font la une des journaux dans le monde entier. Maria dos Anjos Gussing, chef des opérations du CICR pour l'Amérique latine et les Caraïbes, éclaircit certains points à ce sujet.

Maria dos Anjos Gussing
Le CICR a-t-il joué un rôle dans la récente libération de quatre civils et onze membres des forces armées ?

Non, le CICR n'a pas participé à cette opération et ignorait qu'elle allait avoir lieu.

Voir aussi les communiqués de presse :
  • le CICR déplore l’usage abusif de l’emblème de la croix rouge, 06.08.08


  • le CICR rappelle l’importance de respecter l’emblème de la croix rouge, 16.07.08


  • Comment réagissez-vous au fait que l'emblème de la croix rouge a été utilisé durant cette opération ?

    Nous avons pris note de la déclaration du président de la République de Colombie dans laquelle il reconnaît que l'emblème a été utilisé durant l'opération. Il est important de souligner que l'utilisation du signe distinctif de la croix rouge est strictement réglementée par le droit international humanitaire. L'emblème doit être respecté en toutes circonstances et ne doit pas être utilisé de manière abusive. Le CICR suit la question de l’utilisation abusive de l'emblème dans le cadre du dialogue confidentiel qu’il maintient avec les autorités colombiennes.

    Le respect de l'emblème est capital, car il permet aux collaborateurs du CICR d'accéder aux zones les plus touchées par le conflit armé pour apporter protection et assistance aux personnes en détresse, en Colombie et ailleurs. Organisation humanitaire neutre et impartiale, le CICR doit pouvoir compter sur la confiance de l'ensemble des parties au conflit pour mener à bien son action. Par conséquent, il est important que les autorités colombiennes prennent toutes les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus.

    Quelles en sont les conséquences pour vos opérations sur le terrain ?

    Le CICR est évidemment préoccupé par ce type d'abus, qui pourrait susciter la méfiance à l'égard des personnes qui portent cet emblème, par exemple les délégués et les collaborateurs du CICR et de la Croix-Rouge colombienne. Le CICR dispose de dizaines de délégués présents en permanence dans les zones rurales du pays, et il compte sur la protection de l'emblème de la croix rouge pour réaliser ses activités. Nous avons décidé de poursuivre nos opérations pour atténuer les souffrances causées par le conflit interne. C'est pourquoi nous appelons l'ensemble des parties au conflit et des groupes armés à accorder leur confiance au CICR et à la Croix-Rouge colombienne, ainsi qu'à dialoguer avec nos délégués et collaborateurs pour comprendre notre action en faveur des personnes souffrant du conflit interne en Colombie.

    Lorsque le CICR a participé à la libération d'otages par le passé, comment a-t-il procédé ?

    Dans un premier temps, nous nous assurons toujours que les deux parties acceptent notre rôle d'intermédiaire humanitaire neutre. Dans un deuxième temps, nous faisons en sorte d'obtenir des garanties de sécurité des deux parties pour mener à bien l'opération. Enfin, nous exigeons que cette opération soit menée selon nos modalités habituelles et, notamment, que les avions ou les véhicules soient signalés au moyen de l'emblème de la croix rouge. En outre, des délégués du CICR doivent être présents dans chaque avion ou véhicule pour prendre les décisions qui s'imposent durant l'opération. En procédant de la sorte, nous avons pu faciliter la libération de dizaines d'otages et de personnes privées de liberté en Colombie ces dernières années.

    Le CICR participe-t-il à des opérations militaires ?

    Non, le CICR ne participe en aucun cas aux opérations militaires d’une partie à un conflit armé, car cela mettrait en péril sa neutralité et son indépendance. Une telle action n'engagerait pas seulement notre organisation. Dans la pratique, elle aurait également des conséquences directes sur notre capacité d'atténuer les souffrances des centaines de milliers de personnes auxquelles nous apportons une assistance en Colombie.

    Qu'en est-il des personnes qui sont encore retenues en otages ou privées de liberté ?

    Nous espérons qu'elles pourront bientôt rentrer chez elles et retrouver leurs proches. Si toutes les parties concernées nous donnent leur accord, comme elles l'ont fait pour la libération des otages en janvier et février 2008, nous sommes prêts à jouer notre rôle d'intermédiaire neutre pour faciliter leur libération.



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    18-07-2008