©CICR/B. Barrett
Asukulu Bolimbe (10 ans) a reçu un membre artificiel grâce à l'aide du CICR.
« Quand je vois mes amis jouer au football, j'aimerais pouvoir jouer avec eux », déclare Asukulu Bolimbe, un garçon de 10 ans. Il y a juste une année, il a perdu une jambe lors de l'explosion d'une mine. Il se trouve actuellement dans un centre de réadaptation physique à Bukavu, dans le Sud-Kivu pour y être équipé d’une prothèse
Asukulu et sa famille ont fui de leur foyer en raison des combats qui se déroulaient près de Fizi, dans l'est de la RDC. Il jouait au football avec quelques amis; lorsque la balle roula dans un fossé, ils allèrent la chercher - et déclenchèrent une mine.
« La seule chose dont je me souviens, c’est d’avoir pleuré », dit-il. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il apprit que trois de ses amis avaient perdu la vie lors de l’explosion.
Le père du garçon, Mmunga Musa, raconte que son fils a changé après l’accident. « Lorsqu’il voyait d’autres enfants jouer, il était très malheureux, car il ne pouvait plus faire ce qu’il faisait auparavant ». Il ajoute que son fils a accepté sa situation et que maintenant qu’il a un membre artificiel, il ira mieux. « Mais, dit Asukulu, je ne peux pas marcher normalement et cela me fait mal à la hanche ».
«Lorsqu’il y a une blessure, il y aura aussi une guérison »
Asukulu passe trois semaines avec son père à Bukavu, à quelque 200 km au nord de leur village, où il est équipé d'un membre artificiel. Jean-Claude Chahihabwa, le physiothérapeute, lui apprend à marcher et essaie de l’entraîner à taper dans une balle de tennis avec sa nouvelle jambe.
« Lorsqu’une personne subit une telle blessure, dit-il, nous devons lui rendre confiance en elle. Nous lui disons que là où il y a une blessure, il y aura une guérison. Il est important qu’elle se voie à nouveau comme une personne complète. Ce n’est pas la jambe qui est importante, c'est comment on la fait fonctionner ».
Chahihabwa explique que de nombreuses personnes blessées par des restes explosifs de guerre dans la région sont des personnes qui ont été déplacées par le conflit. « Elles sont pauvres et n’ont souvent pas les moyens de venir à Bukavu pour se faire soigner et y recevoir un membre artificiel ».
Dans le Sud-Kivu, le CICR finance le traitement, incluant la physiothérapie, des personnes blessées ou mutilées par le conflit, comme Asukulu. Il fournit également des composantes importées et des matières premières au centre de réadaptation physique, alors que ce dernier se procure des articles locaux. Le CICR apporte son soutien à quatre autres centres de la RDC et a offert des cours de perfectionnement à des techniciens orthopédiques et des physiothérapeutes.
©CICR/B. Barrett
Asukulu Bolimbe apprend à marcher et à shooter une balle avec l'aide du physiothérapeute Jean-Claude Chahihabwa.
Jean-Claude Chahihabwa déclare ne pas pouvoir estimer avec exactitude le nombre de victimes des mines et autres engins explosifs dans la région. « Après 10 ans de guerre …si la paix s’installe, nous pourrons nous rendre avec des équipes mobiles dans des zones que nous n’avons pas pu rejoindre jusqu’à présent. Nous serons en mesure d’atteindre ces personnes et de leur offrir notre assistance ».
« La plupart de ces mines ont été placées il y a des années », explique Beatriz Karottki, coordinateur du CICR en RDC pour les questions de santé. « Elles sont enfouies dans le sol ou sont déplacées par les fortes chutes de pluie. Le danger qu'elles constituent perdure bien après la fin des combats. »
Asukulu est à nouveau capable de se déplacer, mais il a encore besoin d’une béquille en plus de sa jambe artificielle. Il dit qu'il aime bien aller à l'école et qu'il espère devenir instituteur ou docteur. « Un jour, je pourrai à nouveau jouer au football » espère-t-il.