| 6-03-2008 Le point sur les activités République démocratique du Congo : activités du CICR dans les deux Kivu de janvier à février 2008
Contexte / Situation humanitaire
- La Conférence sur la paix, la sécurité et le développement, qui a réuni les principales parties au conflit à Goma, du 6 au 23 janvier 2008, a abouti à la signature d'un Acte d'engagement entre les belligérants. Cet accord prévoit un cessez-le-feu immédiat, le retrait des forces armées de certaines régions et la création d’une zone tampon contrôlée par les Nations Unies. Une amnistie pour actes de guerre et d’insurrection devrait également être votée par le Parlement. Elle n'inclut pas les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les actes génocides.
- La période a été marquée par une accalmie relative, mais au cours des dernières semaines de février, les accrochages, principalement entre forces du CNDP et milices Mayi Mayi, se sont multipliés au Nord-Kivu. Par conséquent, de nombreux civils ont à nouveau dû fuir de certaines zones des territoires de Rutshuru et de Masisi.
- Des centaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des conditions précaires, regroupés dans des camps, sur des sites créés spontanément ou dans des familles d'accueil. La situation des civils qui ont trouvé refuge dans les régions de Kibirizi, Kitchanga, Pinga et Buguri, dans le Nord-Kivu, et dans la région de Minova, dans le Sud-Kivu, est particulièrement préoccupante. Le nombre d'abus commis contre des civils par les porteurs d'armes, notamment des pillages, des viols, des actes de tortures et des recrutements forcés, demeure très élevé.
- Le violent tremblement de terre du 3 février et ses dangereuses répliques ont laissé des milliers de personnes du Sud-Kivu dans une situation précaire. Des pertes en vies humaines, des centaines de blessés et plus de mille maisons détruites comptent parmi les graves conséquences de cette catastrophe. Le bilan est particulièrement accablant dans le centre urbain de Bukavu, mais également dans certaines zones rurales, notamment dans les territoires de Kabaré et d'Idwji.
La réponse du CICR
Conséquences des conflits armés dans les Kivu
Le CICR mène des activités de protection et d'assistance pour aider les victimes des conflits dans les Kivu – notamment les populations civiles, les blessés de guerre et les personnes privées de liberté. Dans ce même but, les délégués du CICR maintiennent des contacts bilatéraux avec tous les belligérants afin de leur rappeler leurs obligations découlant du droit international humanitaire (DIH), parmi lesquelles figure notamment la protection des personnes ne participant pas ou plus aux hostilités.
Population civile
Assistance
- En février 2008, le CICR a fourni des biens de première nécessité à la population locale et aux personnes déplacées dans la région de Buguri, sur le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Cette assistance a été distribuée à 1 920 ménages, dont 791 étaient des familles déplacées vivant dans des familles d'accueil. Il s'agit d'une zone particulièrement difficile d'accès, vu que les infrastructures routières sont quasi inexistantes. Cet enclavement, dû aussi aux affrontements armés du mois de décembre 2007, a fortement aggravé la situation humanitaire de la population civile. La distribution de vêtements, couvertures, nattes, bâches, savon, ustensiles de cuisine et houes a été d'une importance cruciale pour leur suivie.
- Durant la même période, le CICR a fourni des médicaments et du matériel médical essentiels à plusieurs hôpitaux et centres de santé se trouvant dans des zones de déplacement, comme Kibirizi, Kanyabayonga, Matchumbi, Nyabiondo et Pinga dans le Nord-Kivu, et Minova, dans le Sud-Kivu. Cette assistance incluait également des kits pour la prise en charge des victimes de viols – médicaments contre les grossesses indésirables et certaines maladies sexuellement transmissibles, et vaccins. À cela s'ajoute le soutien régulier apporté à 34 structures d'aide psychosociale dans les deux Kivu.
Protection
- En janvier - février 2008, les délégués du CICR ont répertorié de très nombreux cas de violences sexuelles, pillages, atteintes à l'intégrité physique et autres abus commis par des porteurs d'armes à l'encontre des populations civiles. Tout en préservant l'anonymat des victimes, le CICR se base sur ces témoignages pour intervenir auprès des parties au conflit lors d'entretiens bilatéraux et confidentiels. Ces démarches, de même que les actions de promotion du Droit international humanitaire (DIH), ont pour but de convaincre les belligérants de prendre toutes les mesures nécessaires pour limiter l’impact qu’a le conflit sur la population civile. Depuis janvier 2008, plus de 400 porteurs d'armes, réguliers ou irréguliers, ont assisté aux séances de diffusion du DIH organisées par le CICR.
- Dans le but de rétablir le contact entre les membres de familles dispersées par le conflit, plus de 3 000 messages Croix-Rouge ont été recueillis et distribués dans le Kivu depuis le début de l'année 2008. Dix-neuf mineurs, dont quatre ex-enfants soldats ont pu retrouver leurs parents grâce à l'Agence centrale de recherches du CICR.
Blessés de guerre
Le CICR a continué à apporter son soutien aux principales structures médicales accueillant des blessés de guerre. Il a non seulement fourni des médicaments et du matériel de prise en charge, mais il a également achevé deux projets de réhabilitation en février 2008 :
- à l'Hôpital militaire Katindo, à Goma, le CICR a réhabilité le système d'approvisionnement en eau et a construit un incinérateur, des fosses à déchets biologiques et une salle de stérilisation, afin d'assurer de meilleures conditions d'hygiène hospitalière ;
- à l'Hôpital de référence de Kitchanga, à Rutchuru, le CICR a réhabilité le système sanitaire et mis en place des latrines, des bornes fontaines et une fosse à placenta.
Personnes privées de liberté
En janvier et février 2008, les délégués du CICR ont pu poursuivre leurs visites dans les lieux de détention et enregistrer des personnes détenues par les différentes parties au conflit. Dans certains lieux de détention, l'équipe médicale du CICR a également effectué une campagne de déparasitage et une évaluation de l'état nutritionnel des prisonniers.
Conséquences du tremblement de terre dans le Sud-Kivu
- Le 3 février, dans les heures qui ont suivi le séisme, le CICR et la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo (RDC) ont mobilisé des équipes d'urgence pour évacuer les blessés et pour évaluer les conséquences de la crise. Quatre structures de santé, dont l'Hôpital général de Bukavu, ont reçu de la part du CICR une assistance d'urgence en médicaments et en matériel sanitaire pour la prise en charge de 260 blessés.
- Par la suite, en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC, le CICR a distribué des biens de première nécessité à plus de 1 800 familles dans la zone la plus proche de l'épicentre du tremblement de terre - les territoires de Kabaré et d'Idwji. Le kit de secours pour une famille était composé d'une bâche, de deux couvertures, de deux nattes et de 2,4 kg de savon. Ces mesures d'assistance venaient compléter celles qui avaient été prises par les autorités et d'autres acteurs humanitaires.
Informations complémentaires :
Olga Miltcheva, CICR Goma, tél. : +243 81 036 68 12
Anna Schaaf, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17
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