Des médecins et des membres du personnel infirmier du ministère de la santé à Gori accompagnent les quatre médecins de la Croix-Rouge de Norvège dans leurs visites sur le terrain. La présence à leurs côtés de l'équipe de la Croix-Rouge a apaisé leur crainte de se rendre dans des régions qui ont été au centre des affrontements et qui ne sont toujours pas sûres.
«Pour la population, le fait de savoir qu'elle n'a pas été oubliée est aussi important que les consultations médicales que nous donnons», déclare le docteur Richard Munz, chef de l'équipe.
«Nous ouvrons les portes, en quelque sorte», explique le docteur Munz. «Nous facilitons l'accès aux régions reculées à des médecins locaux qui auraient du mal à s’y rendre par eux-mêmes. Quand ils viennent avec nous, ils bénéficient de la protection de la Croix-Rouge.»
Lorsqu'elle arrive dans un village, l'équipe installe le dispensaire dans un lieu abrité, soit sur le côté d'un bâtiment, soit sous les arbres. Récemment, dans un village, c'est une treille qui a prodigué de l'ombre.
«Avant le début du conflit, les services de santé fonctionnaient bien au niveau des villages», poursuit le docteur Munz. «Les paroisses apportaient aussi un soutien important. Les maladies chroniques étaient sous contrôle, mais désormais elles ne le sont plus. Ce que nous essayons de faire, c'est de rétablir ce réseau.»
La Croix-Rouge fait équipe avec les autorités sanitaires locales pour traiter les personnes vulnérables et les rassurer
Ce sont les médecins locaux qui donnent les consultations. «Ce ne serait pas logique que nous le fassions nous-mêmes» fait remarquer le docteur Munz. «Notre rôle est d'apporter un soutien.»
Le CICR fournit également les médicaments pour le dispensaire par l'intermédiaire des autorités sanitaires locales de Gori.
Ce sont principalement des personnes âgées qui sont restées lorsque certains ont fui au début du conflit. Étant coupées des services de santé de Gori ou de Tskhinvali et n'ayant pas accès à des médicaments sur place, les personnes souffrant de maladies chroniques sont de plus en plus menacées.
En outre, le stress engendré par le conflit et ses conséquences a mis leurs nerfs à rude épreuve. La plupart des patients qui se présentent au dispensaire mobile souffrent d'hypertension.
Les médecins commencent aussi à voir des problèmes d'estomac. Dans les villages où l'électricité a été coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et les robinets sont à sec. La population doit boire l'eau des puits, qui n'est pas toujours potable.
Dès le premier jour, où l'équipe a vu plus de 70 patients et a dû gérer une urgence imprévue, il a été évident que la population avait grandement besoin de ses services. Seuls, les médecins locaux n'auraient pas eu la possibilité d'apporter une telle aide. «Nous sommes heureux d'être ici. Tout se passe bien», déclare le docteur Nanula Koshoridze, alors qu'elle distribue des médicaments. «Nous sommes très occupés».
«Le dispensaire mobile a commencé sa tournée le 28 août et, depuis, un deuxième a pris la route. À ce jour, les deux équipes de médecins ont donné plus de 600 consultations dans 18 villages. La semaine dernière, ils ont même vu 252 patients en une seule journée.»
Pour les villageois âgés, le simple fait de pouvoir faire part de leurs préoccupations et de leurs craintes à des personnes qui ont le temps de les écouter compte énormément. «Vous voir arriver m'a fait plus de bien que n'importe quel médicament», a déclaré une vieille femme.
Maintenant que le service a été mis sur pied, l'équipe prévoit de retourner régulièrement dans chaque village. «Les habitants dépendent de nous, nous devons tenir les promesses que nous leur avons faites jusqu'à ce que les services médicaux fonctionnent à nouveau au niveau local», explique le docteur Munz, tout en faisant un bandage à une femme âgée à qui sa vache a marché sur un pied.