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Samuel Bon
Quels sont le rôle et la capacité de l’Unité de déploiement rapide du CICR actuellement sur le terrain en Géorgie ?
L’objectif majeur de l’Unité de déploiement rapide est de s’assurer que le CICR répond avec rapidité et efficacité aux nouveaux besoins humanitaires. Comme dans toute situation d’urgence, le temps presse quand il s’agit de sauver des vies humaines. En ce moment, les personnes déplacées en Géorgie et en Ossétie du Nord, et des habitants isolés en Ossétie du Sud, ont toujours besoin de services essentiels, notamment de l’accès à l’eau, de vivres, de couvertures et d’articles d’hygiène. Il faut aussi dispenser des soins médicaux aux blessés.
D’une manière générale, l’Unité de déploiement rapide vise à faciliter un déploiement rapide de ressources humaines et de secours pour soutenir nos délégations et nos bureaux dans le monde entier. Pour toute opération d’urgence, l’Unité de déploiement rapide dispose d’une gamme de capacités (notamment, administrateurs, juristes, chirurgiens et spécialistes en « eau et assainissement »). Pour l’opération en cours, des personnes de presque tous nos domaines de compétence ont été mobilisées et nous avons déjà envoyé 40 collaborateurs supplémentaires en Géorgie et une demi-douzaine en Ossétie du Nord. Certains sont arrivés sur le terrain en un ou deux jours, ce qui est plus que remarquable, compte tenu des problèmes en matière de sécurité, de communications et de transport qui se posent au cours des conflits armés.
Les membres de l’équipe sur place en Géorgie et dans la Fédération de Russie sont parmi les plus expérimentés et techniquement qualifiés du CICR.
Une semaine après le début du conflit, notre déploiement rapide de personnel et de secours a été efficace, selon nous, même s’il est clair que l’accès à certaines zones touchées a été entravé par la persistance de l’insécurité. À ce jour, nos équipes travaillent en Géorgie et en Ossétie du Nord pour déterminer les besoins d’urgence, visiter les centres pour personnes déplacées, installer du matériel de traitement de l’eau et soutenir l’hôpital local et le personnel médical qui soignent les blessés.
La Croix-Rouge de Norvège établira un hôpital de campagne dans les prochains jours. Que pensez-vous de la collaboration du CICR avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en termes d’initiatives de déploiement rapide en général et plus précisément dans le cas de la Géorgie.
Nous coopérons avec nos partenaires de la Société nationale pour faire le meilleur usage de nos domaines conjugués de compétence. Les volontaires et le personnel travaillant pour les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans le monde jouent un rôle essentiel en s’assurant que les secours sont distribués avec rapidité et efficacité durant les crises.
En termes d’initiatives de l’Unité de déploiement rapide, lorsqu’une crise survient, nous entrons immédiatement en contact avec les Sociétés nationales concernées pour nous assurer que notre réponse est coordonnée. Au cours des conflits armés, comme dans le cas présent, le CICR est le chef de file de la réponse humanitaire de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, comme le précise son mandat. Cela consiste à travailler avec les Sociétés nationales sur le terrain et dans le monde pour intensifier rapidement notre réponse.
L’hôpital de campagne de la Croix-Rouge de Norvège est un exemple qui illustre particulièrement bien le soutien qu’une Société nationale d’un pays apporte aux personnes dans le besoin dans une autre région du globe. L’hôpital livré par la Croix-Rouge de Norvège pour l’Unité de déploiement rapide a une équipe de 12 personnes, dont un chirurgien, du personnel infirmier de salle d’opération, un infirmier/une infirmière de salle, un médecin, un infirmier/une infirmière anesthésiste et des techniciens. Il peut être opérationnel en 24 heures et comprend 20 lits, une salle d’opération, son propre système d’approvisionnement en eau et d’assainissement et il peut dispenser les mêmes soins médicaux qu’un hôpital normal.
Le CICR estime que c’est là un bon exemple de la valeur ajoutée du travail en commun. De plus, de nombreuses Sociétés nationales dans le monde soutiennent notre appel de fonds initial. Nous coopérons avec la Société de la Croix-Rouge russe en Ossétie du Nord pour distribuer des secours aux personnes ayant fui l’Ossétie du Sud, tout en assurant la coordination avec la Société de la Croix-Rouge de Géorgie pour la distribution d’une aide aux personnes déplacées.
Cette année, l’Unité de déploiement rapide a déjà envoyé une équipe au Kenya pour faire face à la violence qui y sévissait après les élections. Comment comparer cette situation avec la crise en Géorgie en termes de réponse urgente et du rôle de l’Unité de déploiement rapide ?
Les deux événements se sont très vite intensifiés, mais la différence essentielle est que la crise qu connaît la Géorgie est un conflit armé international et que le rôle et le mandat du CICR sont clairement définis.
Au Kenya, il s’agissait d’une situation de violence interne et l’opération du CICR visait à soutenir la Croix-Rouge du Kenya et être prêt à renforcer notre réponse en cas d’aggravation de la violence. Cela étant, notre expérience au Kenya a prouvé l’importance que revêt une bonne coordination dans toute crise. Elle nous a aussi montré la force du mécanisme de déploiement rapide pour relever des défis humanitaires.
Ce système étant relativement nouveau, à chaque nouvelle mobilisation, nous continuerons à mettre en pratique les enseignements tirés lors d’opérations telles que celle menée actuellement en Géorgie et dans la Fédération de Russie.