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4-09-2008  Interview  
Géorgie : dispenser des soins médicaux aux personnes isolées à Gori et aux alentours
Le CICR travaille activement dans toute la Géorgie pour répondre aux besoins de dizaines de milliers de personnes déplacées ou isolées par le conflit armé. Un poste mobile vient d’être constitué et déployé dans des villages reculés des environs de la ville de Gori, ce qui a permis de soigner plus de 80 patients, essentiellement des personnes âgées. Entretien avec Marco Baldan, un chirurgien du CICR tout juste de retour de Géorgie.

Marco Baldan
Comment se présentait la situation sanitaire tout au début du conflit, lorsque vous êtes arrivé?

Les autorités géorgiennes avaient mis en place un plan stratégique efficace en matière de besoins médicaux. Des ambulances locales étaient utilisées pour transférer la grande majorité des patients blessés lors des affrontements, de Gori à Tbilissi, même si elles avaient du mal à se déplacer dans les premiers temps, en raison de l’insécurité. Le principal hôpital de Gori servait de centre de premiers secours, avec un effectif réduit chargé de stabiliser les patients des urgences avant de les envoyer à Tbilissi. Le directeur de l’hôpital a confirmé qu’il pouvait se débrouiller avec le personnel à disposition sans médecins ou infirmiers supplémentaires, mais que l’hôpital manquait de secours médicaux ; nous leur avons donc fait rapidement parvenir des kits pour blessés de guerre.

Les autorités de Gori nous ont informés de la présence de blessés, de malades, et également de cadavres, dans certains villages proches de l’Ossétie du Sud, mais l’insécurité rendait l’accès à ces villages pratiquement impossible au début du conflit.

Un centre de premiers secours doté d’un système d’aiguillage équivalent à celui de Gori a été créé en Géorgie occidentale, l’hôpital de Kutaisi étant l’hôpital de référence.

Que contient un kit pour blessés de guerre ?

Chaque kit contient le matériel médical nécessaire pour le traitement chirurgical de 50 blessés graves, souffrant notamment de blessures « de ligne de front » provoquées par des bombes ou des balles.

Les kits comprennent des antibiotiques et des analgésiques, de la gaze et des pansements, du plâtre de Paris, des produits injectables, différentes sortes de drains, des désinfectants, des seringues, des aiguilles, des gants chirurgicaux et du matériel de suture, des cathéters urinaires et des produits anesthésiques. On peut y ajouter des équipement supplémentaires en fonction des besoins : réactifs et appareils de laboratoire et de transfusion sanguine supplémentaires, matériel de radiographie, immunoglobulines et vaccins anti-tétaniques, médicaments et appareils nécessaires à l’anesthésie.

Les kits ont été élaborés en se fondant sur plus de 20 ans d’expérience et le traitement de plus de plus de 100 000 blessés de guerre dans des hôpitaux du CICR à travers le monde, dans des circonstances diverses.

Dans un conflit de ce type, comment les besoins médicaux évoluent-ils après la phase d’urgence initiale ?

D’après mon expérience de la Géorgie, les personnes blessées par balles et explosion de bombes ont été, pour la plupart d’entre elles, rapidement soignées et évacuées vers des hôpitaux se trouvant dans des villes épargnées par le conflit. Une grande partie de la population, qui voulait et pouvait fuir, s’est déplacée vers le sud, en direction de Tbilissi. Parmi elle, des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées ayant besoin d’eau potable, de nourriture, d’un abri et de soins de santé de base. La priorité principale du CICR depuis le début du conflit a été de fournir une aide et des soins de santé aux personnes déplacées dans les centres ou abris collectifs.

D’après ce que nous avons pu observer à Gori, les personnes qui restaient étaient pour la plupart des personnes âgées. Certaines d’entre elles ont besoin d’un traitement pour des maladies chroniques (hypertension, diabète et maladie cardiaque). Elles n’avaient pas accès aux pharmacies de la ville qui étaient fermées. De plus, ceux qui ont fui ont pris leur voiture et de nombreuses personnes âgées, tributaires des membres de leur famille pour se rendre chez le médecin, n’ont toujours pas le moyen de se rendre à l’hôpital ou dans les centres de santé de Gori. Atteindre ces personnes isolées, âgées et souffrant de maladies chroniques, est une des fonctions principales du poste mobile.

Nous répondons également aux demandes de médicaments pour traiter ces maladies.

Le CICR a-t-il déployé des hôpitaux de campagne lors du conflit ?

Peu de temps après le début de la crise, la Croix-Rouge de Norvège a envoyé une équipe médicale et un hôpital de campagne en Géorgie, dans le cadre du système de déploiement rapide du CICR. Ces dernières semaines, l’équipe a contribué à toutes les activités, de l’évaluation des conditions hospitalières à la distribution de l’aide dans les centres collectifs.

C’était vraiment fantastique de voir tout le monde retrousser ses manches, se mettre au travail et tout faire pour aider. Cela démontre à quel point il importe de travailler ensemble lors d’une urgence. Maintenant que nous connaissons mieux les besoins qui se font sentir dans les villages isolés, l’équipe norvégienne participe au poste mobile à Gori. Les autorités locales étaient très favorables à l’idée d’une équipe sanitaire mobile pour les zones que leurs ambulances ne peuvent atteindre et nous sommes contents que ce poste ait pu être mis sur pied et qu’il fonctionne depuis le début de la semaine.


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4-09-2008