Un jour de noces est en principe un jour de grand bonheur pour la mariée. Pour Nihal Arin, il avait cependant un arrière-goût aigre-doux.
Le 25 septembre 2008, Nihal, une jeune femme druze de 24 ans a dit « oui » à l’homme qu’elle aimait. Le même jour, elle a également dû dire au revoir à ses parents, à ses frères et sœurs et à sa ville natale, dans le Golan occupé. Pour épouser son cousin, un Druze vivant en Syrie proprement dite, elle a aussi dû prendre la pénible décision de restituer à sa carte d’identité israélienne pour prendre la nationalité syrienne, renonçant par là même au droit de revenir chez elle.
Israël s’est emparé du Golan, qui appartenait alors à la Syrie, pendant la guerre des Six Jours de 1967 ; il en occupe depuis le territoire. Israël et la Syrie n’entretiennent pas de relations diplomatiques, et la zone tampon aménagée entre leurs territoires respectifs sépare les membres de la communauté druze – selon les estimations, quelque 21 000 dans le Golan occupé, et bien davantage en Syrie.