Protection
Promotion du respect de la population civile
En Israël et dans les territoires occupés et les territoires autonomes, le CICR œuvre à faire respecter le droit international humanitaire (DIH), et tout particulièrement la IVe Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre et d’occupation.
Les délégués du CICR suivent de près ce qu’il advient des personnes qui ont été prises au piège des récentes incursions et des opérations militaires et dont les biens ont été détruits. Ils accordent une attention particulière à la situation difficile des paysans qui vivent près de la barrière de sécurité et qui risquent d'être la cible de tirs de l’armée israélienne alors qu'ils vaquent à leurs occupations quotidiennes.
Pour ce qui est de la Cisjordanie, le CICR a entrepris des démarches auprès des autorités israéliennes à propos des conséquences qu'entraîne, sur le plan humanitaire, le tracé illégal de la barrière à l’intérieur des territoires occupés. L’institution est particulièrement préoccupée par les difficultés qu’ont les agriculteurs palestiniens à rejoindre leurs champs dans la zone fermée (ou seam zone, située entre la Ligne verte et la barrière de Cisjordanie) et par les épreuves qu’endurent certaines communautés isolées vivant à proximité.
Le CICR continue également à évaluer les conséquences d'ordre humanitaire découlant des restrictions de déplacement imposées par les forces armées israéliennes à la population palestinienne.
Visites aux détenus
En juin, le CICR a visité 20 lieux de détention israéliens, notamment des centres de détention provisoire, des postes de police et des prisons, ainsi que des centres d’interrogatoire où il se rend une fois par semaine.
Des délégués du CICR ont visité des prisons, des postes de police et d’autres lieux de détention gérés par les autorités palestiniennes à Ramallah, Jéricho, Hébron, Bethléem, Jénine, Tulkarem et dans la bande de Gaza.
Le but de ces visites est d’observer les conditions de détention des personnes incarcérées et le traitement qui leur est réservé. Le CICR facilite également les visites familiales et les contacts entre les détenus et leurs familles.
Contacts entre les détenus et leurs familles
Le programme de visites familiales du CICR a été lancé en 1967 pour permettre aux familles vivant en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, à Gaza et dans le Golan occupé de rendre visite à leurs membres incarcérés dans des lieux de détention israéliens. Ces visites sont essentielles pour les détenus, car elles leur apportent non seulement un soutien psychologique, mais également une aide matérielle, notamment sous la forme de vêtements et de couvertures. En juin, plus de 13 600 personnes se sont rendues en Israël où elles ont visité quelque 6 000 proches dans 27 lieux de détention.
À Gaza, le programme de visites familiales a été suspendu il y a plus d’un an par une décision des autorités israéliennes. De ce fait, quelque 900 détenus n'ont aucun contact avec leurs familles.
L’échange de messages Croix-Rouge est un autre moyen de maintenir les liens entre les personnes incarcérées et leurs familles. En juin, le CICR a collecté et distribué 2 400 messages Croix-Rouge . Il a également fait plusieurs centaines d’appels téléphoniques pour informer des familles du lieu de détention et de l’état de santé de leurs membres incarcérés.
Assistance
Secours pour les familles dont les maisons ont été détruites
En Cisjordanie et dans la bande de Gaza, le CICR a fourni des vivres et d’autres articles essentiels à 20 familles dont les maisons ont été totalement ou partiellement détruites par l’armée israélienne.
Programme d’assistance pour Hébron
Dans la vieille ville d’Hébron, le CICR a distribué plus de 1 500 colis de nourriture et plus de 8 500 kg de farine de blé aux 1 290 familles les plus touchées par le bouclage du quartier.
Aide d’urgence
En Cisjordanie et à Gaza, l’institution a fourni une aide d’urgence sous la forme de colis alimentaires, de colis d’articles d’hygiène et de bâches à plus de 200 familles démunies.
Programme « argent contre travail » et soutien aux moyens d’existence
Le CICR a rémunéré 3 260 jours de travail dans le cadre de divers projets réalisés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, notamment la réhabilitation d’infrastructures locales telles que des marchés, des chemins vicinaux et des systèmes d'irrigation.
Le programme microéconomique de l’institution permet à 30 ménages de développer de nouvelles activités génératrices de revenus, malgré les restrictions de circulation imposées par les bouclages, les colonies de peuplement ou la barrière de Cisjordanie. Il comprend la fourniture d'outils et d'équipement aux personnes participant à diverses activités dans la zone bouclée du district d'Hébron.
Santé
Le CICR a continué à superviser le système de soins de santé, en accordant une attention particulière aux hôpitaux de Gaza, qui se trouvent dans une situation critique en raison de la pénurie de carburant.
Il a fourni plus de 18 tonnes de médicaments et de matériel médical à 18 hôpitaux généraux gérés par le ministère de la Santé à Gaza et en Cisjordanie.
Après avoir procédé à une évaluation de l'équipement médical et des pièces détachées dans les hôpitaux gérés par le gouvernement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, le CICR a commencé à distribuer du matériel essentiel aux hôpitaux de la Cisjordanie afin d’améliorer leurs installations.
Le CICR a également fait des exposés au personnel de deux hôpitaux dans le cadre d’une campagne visant à attirer l'attention sur la nécessité de protéger le personnel médical et les structures de santé.
Eau et habitat
En Cisjordanie, le CICR a entrepris 10 projets d’approvisionnement en eau, dont la construction d'un puits, d'une station de pompage, de deux conduites principales et de six réservoirs. Une fois terminées, ces infrastructures desserviront 83 000 personnes.
Dans la bande de Gaza, le CICR a contribué à la construction d’une station de pompage permanente et d’un bassin de décantation pour l’évacuation et le traitement partiel des eaux usées à Khan Younis, dont bénéficieront près de 150 000 personnes. Il a également réparé des installations ou fourni, le cas échéant, des composantes électromécaniques essentielles (chaudières, adoucisseurs d’eau, générateurs, systèmes de refroidissement et de climatisation) à des hôpitaux de Gaza. À Rafah, après avoir évalué la possibilité de construire une station d'épuration, le CICR a entamé les préparatifs de lancement de ce projet, qui bénéficiera à 150 000 personnes.
Coopération avec d’autres composantes du Mouvement de la Croix-Rouge/Croissant-Rouge
À Hébron, des volontaires du Croissant-Rouge palestinien ont collaboré avec le CICR pour évaluer l’impact de l’aide alimentaire fournie à des Palestiniens vulnérables vivant dans la zone bouclée de la ville.
Le Croissant-Rouge du Qatar, en coopération avec le CICR et le Croissant-Rouge palestinien, a parrainé la mission d’une semaine d’un chirurgien orthopédiste à Gaza. Le CICR a notamment transporté des équipements orthopédiques de Qatar à Gaza. Au cours de cette mission, le chirurgien a posé 18 prothèses d’articulations.
Le CICR a parrainé la participation du Magen David Adom (MDA) à un cours d’une semaine sur l’intervention en cas de catastrophe organisé en Albanie avec la coopération de la Croix-Rouge albanaise et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le MDA a également participé à une formation en recherche et sauvetage dans les Balkans organisée par la Croix-Rouge hellénique ainsi qu’à un cours régional destiné aux équipes d’intervention en cas de catastrophe en Bosnie-Herzégovine.
Des volontaires du MDA ont pris part à la marche de Solferino, organisée chaque année en Italie pour commémorer la création du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Sensibilisation aux activités du CICR et au droit international humanitaire
Le respect du droit international humanitaire est une responsabilité qui incombe à tous ceux qui sont impliqués dans un conflit armé. Le CICR soutient leurs efforts en leur faisant connaître cette branche du droit ainsi que son propre rôle et ses activités.
Le CICR et le Centre Minerva des droits de l’homme de l’Université hébraïque de Jérusalem ont organisé conjointement une conférence sur le droit international humanitaire. L’institution a également donné des cours sur le droit coutumier à un public de spécialistes de l'université.
En juin, le CICR a fait un exposé sur les principes fondamentaux du droit humanitaire devant des officiers supérieurs de l’armée israélienne et des gardes-frontières. D’autres séances d’information sur les activités du CICR et le DIH ont été organisées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour des chefs religieux, des étudiants, des journalistes, des conseils villageois, des ONG, des membres du personnel médical et des forces de sécurité ainsi que pour des collaborateurs et des volontaires du Croissant-Rouge palestinien.
Dans le cadre d’une campagne pour la protection du personnel médical et des structures de santé, des cérémonies ont été organisées dans la ville de Gaza et à Ramallah pour remettre leur prix aux gagnants d'un concours public de photos et de récits portant sur la sécurité du personnel médical.