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28-06-2006 Éclairage Hôpital de Lopiding : s’adapter à l’évolution des besoins L’hôpital de Lopiding, au nord du Kenya, était le plus grand hôpital de campagne que le CICR ait jamais géré : durant ses 19 ans d’existence, plus de 60 000 opérations y ont été réalisées. Le 30 juin marque le début d’une nouvelle ère, la gestion de l’hôpital étant confiée au ministère de la Santé du Kenya. Andrea König, du CICR, s’est récemment rendu à l’hôpital et a rédigé ce rapport.
©CICR/A. Koenig/ke-e-00127
Une salle à l'hôpital de Lopiding. Plus de 60,000 opérations chirurgicales y ont été effectuée.
Au plus fort du conflit du Sud-Soudan, cet hôpital proche de la frontière soudanaise constituait une aide et un espoir pour les blessés de guerre civils et militaires. Lors de la reprise de la guerre civile soudanaise en 1983, de nombreux blessés de guerre ont été évacués vers des infrastructures médicales du Kenya voisin. En septembre 1986, leur nombre avait considérablement augmenté et le gouvernement kenyan a demandé au CICR de créer un hôpital de campagne. Le CICR a relevé le défi et a entrepris la construction d’une infrastructure près du village de Lokichokio, à la frontière kenyane. En juin 1987, il a commencé à soigner les premières victimes de guerre en provenance du Sud-Soudan. Au départ, l’hôpital avait une capacité de 40 lits, une salle d’opération, un service radiologique et une unité de stérilisation. La cuisine servait trois repas par jour – généralement préparés par les familles des patients – et de nombreuses personnes travaillaient à la buanderie de l’hôpital. Plus de 60 000 opérations À mesure que le conflit s’intensifiait, l’hôpital s’agrandissait pour répondre à la demande croissante. À la fin de l’année 2005, 37 558 patients y avaient été soignés et plus de 60 000 opérations chirurgicales y avaient été effectuées. Au cours de ces 19 dernières années, près de 200 employés soudanais et kenyans et une douzaine de collaborateurs médicaux expatriés, principalement issus de Sociétés nationales de la Croix-Rouge, y ont travaillé. Aujourd’hui, l’hôpital a une capacité de 500 lits. Il comprend deux salles d’opération, une unité de soins intensifs, une zone post-opératoire, dix salles, une unité de physiothérapie, un laboratoire et une pharmacie. « C’était la plus belle période de ma carrière », déclare le chirurgien suisse Georg Kundert, qui a été chirurgien en chef à Lopiding entre 1997 et 1998. « C’était une expérience sur le plan personnel, mais aussi un défi professionnel, car je devais travailler à mon meilleur niveau avec des moyens très simples, ce qui exigeait de faire preuve de créativité et de fournir un excellent travail d’équipe. » Déambulant dans une salle d’opération vide, il se remémore l’époque où les médecins opéraient simultanément sur quatre tables, essayant de sauver la vie des blessés de guerre du Sud-Soudan. Évolution des besoins Suite à la signature, le 9 janvier 2005, de l’accord de paix global conclu entre le gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan et la cessation des hostilités, les besoins en matière de services fournis par le CICR à l’hôpital de Lopiding ont progressivement diminué. En avril 2006, les lits de la salle d’admission, que le personnel avait surnommés les « lits à l’abri », étaient vides. À la fin du mois de mai, tous les patients avaient quitté l’hôpital.
©CICR/A. Koenig
Le chirurgien Georg Kundert avec Nyamer Gang, le dernier patient à être admis à l'hôpital de Lopiding.
Le CICR a cessé d’évacuer les patients du Sud-Soudan vers Lopiding le 28 février 2006. La dernière personne à avoir bénéficié des évacuations médicales était Nyamer Gang, une femme de 60 ans qui avait reçu une balle dans le haut de la jambe. |