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Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
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28-06-2006  Interview  
Kenya/Soudan : « Diverses zones de conflit ont bénéficié de Lopiding… »
Christoph Harnisch, le délégué général du CICR pour la zone Afrique, fait le bilan de l’activité déployée en faveur des blessés de guerre soudanais par l’hôpital de Lopiding - qui fut à un certain moment le plus grand centre chirurgical de campagne du CICR – alors qu’il va être remis aux autorités kényanes.

Q.- Pour le CICR, que représentent ces 19 ans d’activités de l’hôpital de Lopiding ?

R.- L’un des aspects, c’est évidemment les souffrances des Sud-Soudanais dont nos collaborateurs de Lopiding ont été les témoins pendant 19 ans. Un autre, c’est que le CICR a fait ce qu’il avait à faire : soigner les blessés de guerre – et ceci dans un cadre inhabituel : inhabituel parce qu’ils venaient d’un autre pays.

À cet égard, nous avons contribué à faire connaître Lokichokio comme « ville humanitaire ». Je pense également que l’élément de formation ne devrait pas être sous-estimé : divers lieux de conflit à travers le monde ont profité de l’expérience que nous avons acquise à Lopiding avec les blessés de guerre. Je dirais que les soins apportés aux blessés de guerre dans le monde entier se sont améliorés grâce à ce que nous avons appris à Lopiding.

Q.- Avez-vous un souvenir particulier de Lopiding ?

R.- Oui, un jour, 70 à 80 personnes évacuées du Sud-Soudan sont soudain arrivées à l’hôpital ; nous avons dû bricoler des installations de fortune pour les accueillir. En fait, ce genre de choses s’est produit plusieurs fois, reflétant l’instabilité de la situation au Sud-Soudan.

Il y a eu d’autres occasions où les patients n’étaient pas très heureux du traitement qu’ils avaient reçu ; au fil du temps, leurs attentes ont grandi. Ces frustrations devraient être vues à la lumière des énormes souffrances qu’ils ont dû endurer avant même d’atteindre l’hôpital.

Certains avaient attendu des semaines pour être évacués ; de ce fait, leurs blessures s’étaient infectées et avaient donné lieu à des complications, d’où la nécessité pour nombre d’entre eux de subir plusieurs opérations.

L’une des choses que nous avons essayé de faire, c’était de raccourcir le laps de temps s’écoulant entre la blessure et le traitement à Lopiding. Malheureusement, bon nombre des difficultés directement liées au travail dans une zone en guerre – autorisations, accès, etc.- nous échappaient et nous n’avions pas le pouvoir de les résoudre complètement.

Q.- Pourquoi n’était-il pas possible de traiter les patients dans le sud du Sudan ?

R.- Il y a 19 ans, dans le sud du Soudan, les structures médicales étaient extrêmement peu développées - quand elles existaient. La principale raison pour laquelle nous avons construit cet hôpital à Lopiding, c’est parce que les combats se déroulaient très près de la frontière séparant le Kenya du Soudan. Deuxièmement, il y avait déjà une structure médicale à Lokichokio, gérée par une organisation kényane (l’AMREF), et elle nous a servi de base pour construire l’hôpital.

Q.- Le CICR réaliserait-il une opération transfrontalière semblable à un autre endroit ?

R.- Une activité transfrontalière est une possibilité qui n’est pas à écarter, mais nous devons reconnaître que cette opération a compliqué nos relations avec différentes autorités du sud – le gouvernement, le SPLM et d’autres – qui éprouvaient une certaine méfiance, se demandant où ces personnes étaient envoyées et quand elles reviendraient.

En fait, elles soupçonnaient essentiellement le CICR de n’offrir ses services médicaux qu’à une seule des parties au conflit. Si une telle situation se reproduisait, nous y réfléchirions à deux fois ; mais la considération la plus importante resterait les besoins des blessés de guerre et la façon d’y répondre au mieux.

Nous espérons qu’en remettant cet hôpital aux autorités kényanes et en essayant de poursuivre notre travail dans le sud du Soudan, nous allons contribuer à donner un nouveau souffle aux services médicaux de la région, qui restent très fragiles. Le CICR, la communauté internationale et d’autres organisations ont encore un rôle important à jouer.


Hôpital de Lopiding 1987-2006 :
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28-06-2006