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Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
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18-09-2007  Interview  
Philippines : face à l'escalade des combats à Mindanao, le CICR accroît son aide aux personnes déplacées internes
Le CICR vient en aide à plus de 20 000 personnes déplacées internes forcées de s'enfuir et d'abandonner leurs foyers dans les îles de Basilan et de Sulu, à la suite d'une série d'affrontements armés qui ont débuté en avril 2007 entre les forces de l'armée régulière et des groupes d'insurgés islamistes. Le chef de la délégation du CICR aux Philippines, Felipe Donoso, décrit l'aggravation de la situation et les efforts déployés par l’Organisation pour porter secours aux victimes.

©CICR
Felipe Donoso
Le 10 janvier 2007, 14 Marines philippins, dont un officier, ont péri dans un affrontement armé avec les séparatistes du Front Moro islamique de libération (FMIL) dans l'île de Basilan à Mindanao, au sud des Philippines. Cet incident a déclenché une série de contre attaques et d'affrontements meurtriers. Un mois plus tard, 26 fantassins de l'armée de terre ont été tués dans deux embuscades tendues, semble-t-il, par le groupe Abu Sayyaf le même jour, dans l'archipel de Sulu, une autre province de Mindanao.


Dans l'optique d'une élection locale prévue pour le 29 octobre, un décret a été adopté en vue d'interdire la conduite d'activités publiques telles que travaux publics, travaux d'infrastructure et la distribution d'articles tels que secours en nature, 45 jours avant et après le jour du scrutin (afin d'éviter tout problème d'élection résultant d'une campagne partisane). Cette mesure risque de d'avoir pour conséquence que seule la Croix Rouge philippine et le CICR, reconnus pour leur indépendance, neutralité et impartialité, seront autorisés à venir en aide aux victimes du conflit entre septembre et décembre 2007.

Comment la situation humanitaire évolue-t-elle sur le terrain ?

Dans le prolongement de l'insécurité générée par l'incident du 10 juillet et les affrontements armés qui ont eu lieu après coup, plus de 2 250 familles (12 000 personnes, environ) de personnes déplacées internes ont, à ce jour, été dénombrées à Basilan,tandis qu'à Sulu, les familles de personnes déplacées internes auraient été estimées à 2 000, dont un grand nombre est dans cette situation depuis avril 2007, suite aux différents affrontements entre les forces de l'armée régulière et l'autre groupe d'insurgés islamistes opérant à Mindanao, le Front Moro de libération nationale. Les déplacements de personnes à Basilan ont un caractère essentiellement local car la plupart d'entre elles se rendent dans les villages voisins où elles sont accueillies par la population qui y réside habituellement.

Face aux affrontements armés et aux déplacements de population qui en résultent, quel type d'assistance le CICR apporte-t-il ?

Après avoir procédé à des évaluations préliminaires de la situation entre les combats, le CICR a fourni du matériel médical aux combattants opérant dans les zones de conflits de Sulu et de Basilan, tandis que la Croix Rouge philippine a mis du sang à la disposition des hôpitaux accueillant les blessés.

Le CICR a apporté une aide médicale aux victimes civiles, notamment en leur distribuant des antibiotiques et des vaccins et en prenant en charge les factures des services médicaux.

La Croix Rouge philippine et le CICR suivent de près et en permanence la situation des personnes déplacées internes et ils viennent à leur secours en fonction des besoins d'urgence recensés dans les îles de Sulu et de Basilan. Les 28 et 29 août 2007, une aide d'urgence (notamment, des rations de riz, des sardines, des pâtes, du sucre, du café et du savon) a été accordée à 885 familles déplacées à Basilan et à 900 familles déplacées à Sulu. Le CICR apporte aussi son concours à l'antenne de la Croix Rouge philippine de Basilan à laquelle il a fait parvenir des stocks d'articles non alimentaires de première nécessité et des fournitures médicales d'urgence (notamment, jusqu'à présent, des bâches, des jerrycans d'eau, des caisses de fournitures médicales, des pansements et du liquide physiologique).

Sécurité : situation de la population civile en détresse à Basilan et Sulu

Dans les régions où des heurts risquent de se produire, les civils sont exposés aux conséquences directes du conflit armé. Ils risquent d'être blessés, et leurs biens de subir des dommages, les privant de leur gagne-pain. En proie à la peur, ils abandonnent le plus souvent leur foyer et leurs moyens de subsistance pendant longtemps. Bon nombre de ces familles déplacées vivent déjà en-dessous ou au bord du seuil de pauvreté, et partant, la perte de leurs moyens d'existence les rend extrêmement vulnérables.

Dans un premier temps, les conditions de vie des civils déplacés qui sont privés d'un accès suffisant à l'eau et à l'assainissement, les rendent vulnérables à des maladies telles que la diarrhée. Les enfants ne peuvent pas aller à l'école et les conséquences économiques du déplacement sur les familles se mesurent en années avant que celles-ci ne recouvrent leur capacité d'évoluer et de se remettre de ces épreuves.

Quels sont actuellement les besoins immédiats des victimes des conflits armés, à Basilan et à Sulu?

Dans les camps qui hébergent les personnes déplacées internes, l'approvisionnement en nourriture et en eau salubre, et les problèmes d'assainissement figurent en tête des priorités. En outre, les hôpitaux ne sont pas toujours suffisamment équipés pour faire face à l'afflux toujours plus important de blessés de guerre. La Croix Rouge philippine a reçu une formation et de l'équipement du CICR pour répondre aux besoins en eau et en hébergement dans des conditions convenables, indiqués ci-dessus.

Le CICR a également entrepris une évaluation des moyens de traiter les blessés dans les hôpitaux qui accueillent les combattants et les civils blessés. Il a mis de côté des fournitures médicales qui serviront à accompagner le traitement des blessés appartenant à tous les camps.

Quelles mesures le CICR a-t-il pris pour tenter de remédier à la situation générale de conflit armé aux Philippines ?

Soucieux de prendre en compte comme il convient les conséquences humanitaires que subissent les victimes du conflit armé et de mobiliser d'autres intervenants sur la scène nationale, le CICR a étoffé sa présence et multiplié ses activités humanitaires aux Philippines. En janvier 2007, il a ouvert un bureau à Zamboanga, contribuant ainsi à faciliter l'accès aux populations musulmanes établies dans les provinces de Sulu et de Basilan. Ces populations sont souvent la cible d'affrontements armés qui se déroulent à proximité de leurs foyers qu'elles sont forcées d'abandonner à maintes reprises.

©CICR
Le CICR et la Croix Rouge Philippines distribuent des articles de secours d'urgence à des familles déplacées dans l'île de Basilan.



©CICR
Cet homme déplacé vient de recevoir des secours en nature tels que du riz, des sardines, des pâtes, du sucre, du café et du savon.



©CICR
Le CICR vient aussi en aide à l'antenne de la Croix Rouge Philippines implantée à Basilan en mettant à sa disposition des stocks d'articles non alimentaires de première nécessité et des fournitures médicales d'urgence.

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18-09-2007