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15-01-2007 Interview Somalie : mission difficile pour les hôpitaux qui accueillent des blessés de guerre Soutenu par le CICR depuis 1992, l’hôpital de Keysaney est situé dans le nord de Mogadiscio. C’est un établissement d'une capacité de 65 lits qui offre tous les types de services. Dans une entrevue pour le site Web du CICR, le directeur de l’hôpital, Yusuf Mohamed Hassan, décrit les efforts déployés au quotidien pour que les blessés de guerre ne quittent pas l’établissement avant d’être médicalement hors de danger.
©CICR/P.Yazdi
Yusuf Mohamed Hassan, directeur de l'hôpital de Keysaney (à droite) avec le Dr. Ahmed M. Hassan, président du Croissant-Rouge de Somalie.
Chaque mois, le CICR fournit à l’établissement, qui est équipé de blocs opératoires, d‘un laboratoire, d’une pharmacie et d’une unité de soins ambulatoires, du matériel médical et chirurgical ainsi qu’un soutien logistique. En outre, il prend en charge les salaires des employés,et s’occupe de l’entretien des locaux et de la formation du personnel médical et technique. Par suite des récents combats dont la Somalie a été le théâtre, l’hôpital, qui est géré par le Croissant-Rouge de Somalie, a admis 144 blessés par arme, combattants et civils confondus.
©CICR/P.Yazdi/v-p-so-e-00180
Mogadiscio, hôpital de Keysaney
Quels sont les principaux problèmes que posent les blessés par arme ?
D’un point de vue technique, nous sommes bien préparés. Nous avons tout le savoir-faire, le matériel et les médicaments nécessaires. La plupart de nos collaborateurs travaillent à l’hôpital depuis 16 ans. Ils ont appris à faire avec la réalité somalienne. Chaque matin, lorsque les infirmiers et les médecins arrivent au travail, ils s’attendent à devoir prendre en charge des blessés. Il y a même des gens qui viennent à plusieurs reprises se faire soigner à l’hôpital. Notre tâche est de veiller à ce qu’ils aillent mieux ; peu importe qu’ils aient besoin de nos services une fois ou dix. Notre principal problème est de les convaincre de rester à l’hôpital jusqu’à ce qu’ils soient guéris. Nous estimons qu’il y a, à Mogadiscio et dans les villes environnantes, près de 500 personnes qui circulent avec des plaies fraîchement pansées à peine cicatrisées. Nombreux sont en effet les blessés qui quittent les hôpitaux beaucoup trop tôt, de peur d’être arrêtés. Or, s'ils ne bénéficient pas d’un suivi approprié, ils risquent de mourir, en particulier ceux qui souffrent de blessures graves, par exemple de traumatismes abdominaux. |