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29-01-2008  Éclairage  
Darfour : un message de sa mère illumine la journée de Seina
La séparation des familles est l’une des conséquences durables et douloureuses du conflit au Darfour. Des milliers de personnes n’ayant plus de nouvelles de leur famille renouent des liens grâce aux messages envoyés par l’intermédiaire du CICR et du Croissant-Rouge soudanais. Cecilia Goin, du CICR, fait le point depuis le Darfour Nord.

Les environs de Tawila, dans le Darfour Nord, d’une beauté à couper le souffle, donnent une fausse idée de l’horreur des violences qui ont frappé cette région depuis 2004, contraignant plus de 20 000 personnes à fuir pour chercher refuge ailleurs.

La ville, située à plus d’une heure de route à l’ouest d’El-Fasher, se détache contre les montagnes du Jebel Marra. Le soleil de midi inonde ses rues, la mosquée se dessine contre le ciel. Et tout est tranquille – trop tranquille, en fait.

Aujourd’hui, Tawila est en quelque sorte une ville fantôme, sans habitants et sans enfants jouant dans ses rues. Les maisons sont inhabitées, certaines n’ont plus de toit de chaume ; quelques pots vides sont dispersés devant certaines portes d’entrée.

Depuis 2004, après avoir subi des attaques répétées, les habitants ont fui pour trouver refuge dans un camp appelé « Rwanda », loin de cette ville.

Bonnes nouvelles au petit-déjeuner

Le camp s’anime à neuf heures, quand les propriétaires du petit marché du camp commencent à ouvrir leurs petits stands : tomates, oignons, pain et épices sont arrangés et prêts à être vendus. En même temps, le bureau de recherches du Croissant-Rouge soudanais situé au cœur du camp ouvre ses portes pour aider les personnes impatientes d’avoir des nouvelles de leurs proches disparus.

Issa Surage, 28 ans, et Samir Ahmed, 26 ans, sont les volontaires du Croissant-Rouge soudanais chargés de distribuer et de récolter les messages dans le camp. Ils sont sur le point d’en remettre un à Seina Ishage, 26 ans, qui prépare le petit-déjeuner pour son mari et ses trois enfants. Elle attend des nouvelles de sa mère depuis quelques semaines. Dès qu’elle ouvre la porte de sa maison et voir Issa et Samir, elle sourit largement et dit : « Un message de ma mère, Dieu soit loué ! »


« Les messages Croix-Rouge apportent des nouvelles très simples aux familles… et pour elles, c’est essentiel »
« En 2005, après plusieurs attaques contre Tawila, nous avons fui vers ce camp », explique Seina. « Nous craignions qu’il ne nous arrive malheur si nous restions dans la ville. »


« Ma mère vit à Nyala, dans le Darfour Sud. Je n’ai pas les moyens d’aller la voir, car c’est loin d’ici. À chaque fois que je reçois un message de sa part, je sais qu’elle va bien, donc il est vraiment important pour moi d’avoir de ses nouvelles. C’est pour moi le seul moyen de savoir si elle est en bonne santé. »

En lisant la lettre, Seina sourit de plaisir. « Le Croissant-Rouge m’aide à rester en contact avec elle régulièrement. J’en suis très heureuse. Demain je lui répondrai et je sais que nous continuerons à correspondre, grâce au Croissant-Rouge », dit Seina en lisant le message encore une fois.

Un pont entre les familles dispersées

Chaque année, des volontaires du Croissant-Rouge, avec le soutien du CICR, collectent et distribuent des milliers de messages au Darfour et dans d’autres régions du Soudan.

« Ces messages sont pour les personnes déplacées le seul moyen d’entrer en contact avec leurs proches. Nous savons tous à quel point il est important de maintenir ces liens. Chaque fois que je remets un message à quelqu’un, j’ai l’impression que nous représentons en quelque sorte un pont entre les familles dispersées », dit Issa Surage.

« Je suis moi-même une personne déplacée et je sais exactement ce que c’est que de ne pas avoir de nouvelles des personnes que nous aimons le plus ; quand un message arrive, nous ne nous sentons plus seuls. »

Il ajoute : « Les messages Croix-Rouge apportent des nouvelles très simples aux familles et aux personnes dispersées par le conflit armé. Ils permettent à ceux qui ont été séparés par la guerre de maintenir des liens et de se transmettre des nouvelles familiales. Pour eux, c’est essentiel. »

©CICR/C. Goin
Issa et Samir, volontaires du Croissant-Rouge soudanais, apportent un message à Seina.
©CICR/C. Goin
Seina lit le message de sa mère à son mari.
Rétablissement des liens familiaux au Soudan
En coopération avec le Croissant-Rouge soudanais, le CICR a continué d’offrir ses services d’échange de messages Croix-Rouge et de recherches de personnes pour permettre aux familles dispersées de rétablir et de maintenir des liens familiaux. En 2007 :
  • 32 527 messages Croix-Rouge ont été échangés entre des membres de familles dispersées par le conflit ;

  • 513 personnes ont été localisées à la demande de leur famille ;

  • 15 enfants séparés de leur famille ou non accompagnés ont été enregistrés pour la première fois ;

  • 18 personnes ont retrouvé leur famille grâce au CICR.




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    29-01-2008