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29-05-2009  Interview  
Sri Lanka : les personnes déplacées veulent avant tout avoir des nouvelles de leurs proches
À Sri Lanka, les personnes déplacées par les combats de ces derniers mois n’ont pas seulement besoin de vivres, d’eau et de soins médicaux. Des milliers d’entre elles ont aussi besoin de savoir si leurs proches sont sains et saufs. Le CICR étend son action dans les camps de déplacés, mais les besoins demeurent énormes, explique Jacques de Maio, chef des opérations pour l’Asie du Sud.

Jacques de Maio, chef des opérations du CICR pour l’Asie du Sud.
Quels sont les besoins les plus urgents des personnes déplacées dans les camps ?

Les plus de 250 000 personnes déplacées ont de nombreux besoins. Lors des vagues de déplacement successives de ces derniers mois, la plupart ont perdu presque tous leurs effets personnels. Les dizaines de milliers d’entre elles qui étaient piégées sur une mince bande côtière dans le nord-est du pays sont les plus vulnérables. Elles ont vécu l’expérience traumatisante des déplacements forcés répétés et de la vie dans une zone de combat. Un quart de million de personnes ont maintenant besoin de vivres et d’eau potable, de systèmes d’assainissement et d’abris adéquats, d’un accès aux soins médicaux et d’article essentiels, notamment d’ustensiles de cuisine. Venir en aide aux personnes qui en ont besoin est une tâche immense, à laquelle s'attellent le gouvernement, plusieurs organismes des Nations Unies, le CICR et ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que d’autres organisations humanitaires locales et internationales. L’écart est encore grand entre les besoins à satisfaire et les secours fournis – par exemple, des milliers de personnes n’ont toujours pas accès à des soins médicaux appropriés. Cependant, plus qu’une aide matérielle, de nombreuses personnes déplacées veulent avant tout avoir des nouvelles des proches dont elles ont été séparées durant les déplacements et les combats de ces derniers mois.

Qu'est-ce que le CICR a pu faire au cours des derniers jours ?

Depuis le 26 mai, le CICR a enregistré plus de 2 000 personnes qui se sont « rendues » et se trouvent désormais dans trois « centres de réinsertion » dans et autour de Vavuniya, ainsi que dans d'autres centres de détention. Cet enregistrement se poursuit. Il a pour but de permettre au CICR de suivre, dans les camps mis en place par le gouvernement, chacune des personnes exposées à un risque potentiel.

Au cours des deux derniers jours, le CICR a obtenu l'accès au camp de Manik Farm, le plus vaste camp de déplacés à Vavuniya, situé dans une zone dont l'accès était jusqu'alors restreint. Nous continuons d'y distribuer de la nourriture, du matériel de cuisine, des vêtements et des kits d'hygiène aux familles déplacées. Jusqu'à ce jour, le CICR a ainsi assisté plus de 2 400 familles se trouvant dans les zones 3 et 4 du camp.

En principe, le CICR a accès à tous les camps de déplacés. Cependant, la différence entre les besoins des personnes déplacées et ce que les organisations humanitaires peuvent faire est encore trop grande. Le CICR encourage les autorités sri lankaises à faire tout ce qu'elles peuvent afin d'aider ces personnes, et pour autoriser les agences humanitaires à travailler partout où c'est nécessaire.

Que peut faire la Croix-Rouge pour aider à rétablir les liens familiaux ?

©Reuters / D. Gray
Une femme tamoule avec ses enfants dans le camp pour personnes déplacées de Manik Farm, près de Vavuniya, au nord de Sri Lanka.
Chaque année, le Réseau mondial des liens familiaux, mis sur pied par le CICR et les services de recherches des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, aide des centaines de milliers de personnes à reprendre contact avec leurs proches ou à élucider leur sort. À Sri Lanka, le CICR et la Croix-Rouge de Sri Lanka aident depuis des dizaines d’années les personnes déplacées et les détenus à rétablir et à maintenir des liens familiaux. Plus de 250 000 déplacés internes vivant actuellement dans des camps, il est vital d'offrir un moyen d’échanger des nouvelles familiales. Le CICR et la Société nationale proposent de mettre leur expérience et leur réseau à la disposition des autorités responsables des camps.

Pouvez-vous nous expliquer le but des visites du CICR aux détenus ?

Depuis 1989, les autorités permettent au CICR de visiter les personnes détenues dans les prisons et les postes de police. Les délégués du CICR s'assurent des conditions de détention des personnes arrêtées dans le cadre du conflit armé et du traitement qui leur est réservé, et établissent des rapports confidentiels à l'intention des autorités compétentes. En 2008, le CICR a fourni des articles de loisirs – jeux d’intérieur et de plein air, livres, etc. – à près de 25 000 détenus dans quelque 150 lieux de détention. Nous avons régulièrement visité six membres de l’armée sri-lankaise détenus par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) tout au long de leur captivité, et nous sommes heureux qu’ils aient pu récemment rentrer dans leur famille. Nous visitons en outre régulièrement les détenus de sécurité du centre de détention de Boosa, dans le sud de Sri Lanka, et d'anciens membres des LTTE aux mains des forces de sécurité. En mai, nous avons parlé à plus de 2 500 d’entre eux.

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29-05-2009